Coline Gaulot | About
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Traces Nocturnes d’un art floral  

par Laure Subreville. 

Le premier explosif est lancé. Il monte haut dans le ciel, déchire l’air et étire le temps. Celui qui regarde l’ascension est pris dans une attente infinie. Un suspens jusqu’au point culminant de l’explosion, la libération du feu fait entrer le spectateur dans une extase contemplative.

L’artiste peint des feux d’artifices qu’elle installe dans l’espace de la toile comme des bouquets. Le bouquet est un thème récurrent. Les fleurs dans les vases sont à leur apogée, elles ne pourront que faner et retomber, tout comme les feux d’artifices. C’est une recherche du point culminant, du climax.

Le travail de Coline Gaulot est une collection d’instants. Des moments privilégiés et intimes. La peinture fait basculer l’instant privé pour en faire une image commune. Les feux d’artifices, les piscines et les bouquets de fleurs entrent alors dans le domaine du lieu commun. Ces clichés d’images interpèlent le spectateur, réinvoque la question de l’instant chez les autres et rappelle à la contemplation. Une fois le cliché établit, on peut alors se concentrer sur des questions de forme et surtout de couleur. Le travail de Coline Gaulot, est une recherche permanente sur la couleur, sa vibrance et sa lumière. Ainsi, les piscines happent le spectateur. Elles sont une invitation à plonger jamais assouvie.

Coline Gaulot compose et décompose ses sujets jusqu’à atteindre une sorte d’harmonie, l’entre-deux. Cette vision orientale de la peinture et de l’installation, fait penser au courant japonais Ikebana ou l’art de faire vivre les fleurs.

Coline Gaulot entretient un rapport singulier avec les lieux qu’elle peint. Les prises de vue, souvent de nuit ou à l’aube, sont des rendez-vous avec les piscines et leur propriétaire.

Dans les tableaux, les points de vue sont particuliers, ne donnent accès qu’à quelques marches submergées ou un bout du plongeoir. L’espace autour de ces objets peints est obscur, inquiétant, flou. Cet « au-delà de la piscine » existe pourtant dans l’espace de la toile. Il complexifie l’environnement autour du sujet et de son histoire.

Le rapport de l’artiste à son travail est un rapport au langage. Les points de vue si particuliers que l’on retrouve dans les peintures questionnent notre façon de nommer les choses, de parler avec les noms.